Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Terre Autochtone

Terre Autochtone

Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


De la démocratie autochtone

Publié par Antonin Campana sur 13 Juin 2018, 16:57pm

Catégories : #Perspectives Autochtones

De la démocratie autochtone

Dans le sillage d’Etienne Chouard, nombreux sont ceux qui réfléchissent aujourd’hui à ce que pourrait être une démocratie véritable, étant entendu que le régime républicain actuel est loin d’être aussi démocratique qu’il le prétend. Cependant, faute de sortir du cadre artificiel imposé par le régime, ce courant de pensée est intellectuellement restreint. Seul l’autochtonisme peut selon nous apporter une réponse à ces légitimes interrogations. 

Etymologiquement, la démocratie est le « pouvoir du peuple » (demokratía : de « dêmos », le peuple, et de «kratos », le pouvoir »). Avant de réfléchir aux moyens qui permettraient au peuple d’exercer ce pouvoir, le bon sens commande de définir ce que l’on entend par « peuple ».

Au sens républicain, un « peuple » est un agrégat d’individus sans distinction d’origine, de race ou de religion. Au sens traditionnel, qui est le nôtre, un peuple est l’ensemble de ceux qui appartiennent à la même lignée, à la même culture et à la même religion.

D’un point de vue autochtoniste, le régime républicain n’est donc pas un régime démocratique, puisqu’il ne reconnaît que le « corps d’associés » artificiel et nie le peuple autochtone auquel n’est concédé aucun droit en tant que tel. 

Du point de vue du peuple-agrégat, le régime n’est d’ailleurs pas davantage démocratique puisqu’à l’instar de tous les régimes totalitaires ce régime interdit qu’on le remettre en cause (Constitution article 89, loi 1901 article 3, Code Pénal article 410-1, loi 2015-912 article L-811-3, etc.).

Dans notre optique, la culture, la religion, les traditions, les coutumes… expriment l’identité profonde des peuples. L’identité est aux peuples, ce que la personnalité est aux individus. Un individu n’est pas libre si sa personnalité est brimée. De même, un peuple n’est pas libre si son identité est bafouée.  Un individu est libre s’il peut orienter son existence individuelle en fonction de sa personnalité. Un peuple est libre s’il peut orienter son existence sociale en fonction de son identité. Le pouvoir de réaliser sa propre nature est le premier des pouvoirs. Etre dépossédé de ce pouvoir élémentaire marque toujours une subordination. Au niveau des peuples, l’interdiction qui leur est faite de régler l’organisation et le fonctionnement de leur société en fonction de leur identité spécifique, signifie une mise sous tutelle et un déni de démocratie au profit d’une  puissance qui leur est supérieure. Il ne peut donc y avoir de démocratie quand l’identité du peuple est évincée de la sphère publique.

Cependant, comment une société artificielle, composée d’hommes aux identités diverses, voire antagoniques, pourrait-elle s’organiser et fonctionner selon une identité particulière ? Choisir une identité plutôt qu’une autre ne pourrait qu’attirer le mécontentement de ceux qui ne la portent pas. La société deviendrait alors fortement conflictuelle. Le recours républicain à des « valeurs » qui se prétendent universelles, c’est-à-dire acceptables par tous les hommes, a pour fonction de légitimer l’immigration de peuplement et de « prouver » la viabilité du modèle républicain du « vivre-tous-ensemble ». Cette viabilité, l’expérience nous l’a appris, relève bien sûr du fantasme ou de la mythologie.

Les « valeurs » républicaines universelles dont nous parlons sont des valeurs « hors sol » identitaire. Elles produisent naturellement une organisation sociale qu’on ne peut relier à aucune culture en particulier. Par exemple, la confusion des rôles sociaux masculins et féminins est aussi étrangère à la culture autochtone qu’à la culture juive, berbère ou malinké (même si ces rôles diffèrent selon la culture de référence). De la même manière, la sécularisation de l’espace public a été un choc culturel pour les Autochtones et reste largement incompréhensible pour de nombreux Allochtones. Enfin, dernier exemple, aucune culture dans le monde ne subordonne l’appartenance à une simple procédure administrative….

 Pour garder sa cohésion, un peuple-agrégat doit donc être subordonné par la force à des valeurs qui sont imposées à tous ses membres et qui ne sont issues de l’identité d’aucun d’entre eux. Dans ce cadre, parler de « démocratie » est un égarement. Le seul rôle du personnel politique est de manifester constamment ces « valeurs » universelles, sans jamais s’en écarter, sous peine de subir une mise hors la loi républicaine (Constitutions article 89, etc.). Les élections permettent simplement de légitimer le pouvoir des apparatchiks du régime : seuls des républicains homologués peuvent présenter leur candidature. Le peuple n’a donc le choix qu’entre des politiciens qui, à la nuance près, développent le même discours et renforcent en retour le régime en place.

En résumé, le peuple-agrégat ne constitue pas une unité. Il est animé de trop nombreuses tensions identitaires pour que sa cohésion ne soit pas le produit d’un système qui domestique et soumette ses diverses composantes (c’est la raison profonde des lois qui organisent la surveillance des citoyens ou limitent leur liberté d’expression). Par définition, un peuple artificiel ne peut donc disposer du pouvoir. C’est un peuple à jamais esclave de la transcendance politique, en l’occurrence républicaine. Sauf à vouloir se suicider, celle-ci ne prendra jamais le risque de la démocratie.

Les choses se présentent différemment pour un peuple traditionnel organisé selon des valeurs culturelles partagées. Un tel peuple est un tout indissociable. Autrement dit, il pourra régler l’organisation et le fonctionnement de la société selon son identité particulière sans que des tensions insupportables apparaissent. Il disposera ainsi du premier des pouvoirs : celui de décider librement de sa manière de vivre.

Si nous revenons à la France et au peuple autochtone de ce pays, il faut convenir que ce dernier, emprisonné dans une communauté civique multiethnique, ne dispose d’aucun pouvoir. La question de la démocratie ne pourra se poser qu’à l’issue d’un processus de libération que nous avons décrit ailleurs (Grand Rassemblement autochtone et conquête de droits collectifs, jusqu’au droit du peuple autochtone à disposer de lui-même). Cependant, rien n’empêche que nous réfléchissions déjà, en prenant appui sur l’organisation autochtone que nous préconisons, à un modèle de démocratie autochtone.

Dans le schéma que nous avons présenté dans ce blog, le peuple autochtone s’organise en « communautés ». La cellule de base du peuple autochtone n’est plus l’individu esseulé face au pouvoir central mais la famille et, avec la famille, la communauté locale. La société ne dépend plus de lois sociétales arbitrairement imposées (mariage pour tous…) mais de l’identité, de la coutume et des traditions. Comme autrefois, il reviendra au peuple et à lui seul d’organiser naturellement le fonctionnement de la société selon ses codes identitaires ancestraux. L’Etat autochtone n’aura aucun pouvoir sociétal. Le droit de vivre selon son identité est le premier pouvoir qui sera accordé au peuple : pouvoir être soi-même est le fondement de la démocratie.

A ce stade, l’essentiel (le pouvoir sociétal) dépend du peuple. Reste les autres pouvoirs : pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judicaire.

Le pouvoir législatif doit être contrôlé par les communautés autochtones. Le Parlement autochtone élu propose des lois. Celles-ci sont soumises aux communautés qui peuvent, à la majorité d’entre elles, les accepter, les amender ou les refuser. Chaque communauté décide après consultation de ses membres (par vote secret). Les communautés elles-mêmes peuvent proposer des lois. Elles sont alors soumises à référendum auprès des Autochtones (vote secret). En temps normal, le Parlement ne doit être qu’une chambre d’enregistrement et un organe de proposition. Ce sont les communautés, donc le peuple, qui décident. Dans les périodes troublées, si la nation est en danger, le Parlement élu peut récupérer l’intégralité du pouvoir législatif.  Les députés élus doivent avoir un mandat impératif : ils sont élus pour remplir une tâche et les communautés peuvent les révoquer à tout moment si ceux-ci sont défaillants.

Le pouvoir exécutif met en œuvre les lois, assure la cohésion de la nation autochtone et dispose pour cela de l’Etat autochtone. Les membres du pouvoir exécutif peuvent être nommés par le Parlement autochtone ou élus par les communautés autochtones. Ils sont révocables (mandat impératif). Le pouvoir exécutif peut exercer, avec le Parlement, les pleins pouvoirs en cas de guerre ou de danger imminent pour la nation autochtone.

Le pouvoir judiciaire doit être à la fois confié à des « techniciens » et à des Autochtones tirés au sort. Il applique les lois et tranche les conflits…

Cette organisation de la démocratie autochtone est bien sûr sommaire et hypothétique. Elle pourrait être tout autre. Nous indiquons une piste de réflexion plutôt qu’un programme. Ce que nous voulons simplement signifier est qu’il ne sert à rien de penser la démocratie si l’objet de la démocratie est un peuple-agrégat. Un peuple composé d’Autochtones, de Juifs, de musulmans, de Blancs, de Noirs, d’Asiatiques… n’est pas un peuple mais, pour reprendre une expression biblique, un « ramassis de gens ». Les tensions dans ce « ramassis » seront telles que seule une force extérieure, par définition non démocratique, pourra lui assurer une cohésion de surface. La démocratie n’est possible que si le peuple est homogène, que s’il est uni autour de valeurs sociétales partagées… à condition toutefois de lui laisser la liberté de vivre ces valeurs. Résoudre le déficit de démocratie que connaît un peuple artificiel est impossible, car cela signerait la mort de ce « peuple ». Le contrôle des citoyens, la présence militaire dans les rues, l’encadrement de la pensée, le « politiquement correct » sont le lot de toutes les sociétés métissées. Celles-ci ont le choix entre une dictature soft ou la guerre civile. La démocratie ne fait pas partie des options possibles. Et cela pour toujours.

La démocratie ne peut donc être pensée que dans le cadre d’un peuple autochtone libéré. Vouloir substituer un « tirage au sort » à des « élections » est surréaliste quand le « peuple » n’est qu’un agrégat sans cohésion véritable. Jamais le Système ne laissera le hasard disposer de son modèle de société multiethnique. Il lui faut impérativement « ses » hommes aux commandes. Celui qui veut le pouvoir du peuple, doit préalablement lutter pour la survie du peuple, puis sa renaissance comme nation. On aura compris que, de notre point de vue, on ne peut être démocrate sans être identitaire, et on ne peut être identitaire sans être démocrate. 

Antonin Campana

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Ribus 16/06/2018 08:53

Pour ce qui concerne l’attitude du peuple autochtone vis-à-vis d’un tel régime, il n’y a pas beaucoup de possibilités réelles qui se résument à un repli identitaire dont il faut d’abord prendre conscience de son caractère impératif au nom de la survie ethnique et civilisationnelle.

Ceci étant, il faut être extrêmement concret et il suffit d’adopter les mêmes attitudes et obligations que les communautés concurrentes. Cela se traduit dans la manière de s’alimenter, de se vêtir, les lectures, la musique, bref tout se qui fait la vie quotidienne. Nous n’avons pas la chance que ces pratiques soient dictées par un code ou une loi sacrée ; on est donc obligé de s’astreindre individuellement par notre propre volonté.

L’idée centrale est de soutenir et de défendre coûte que coûte notre identité mais aussi notre économie proche, de faire vivre les producteurs locaux et régionaux d’abord. C’est donc un combat quotidien qui n’a rien de théorique. On aide d’abord les siens avant de s’occuper des autres situés à l’autre bout du pays et a fortiori les étrangers que nous ne connaissons pas et qui ne parlent pas notre langue.

La difficulté est qu’une partie des autochtones dont nous sommes sont contre nous et même dirigent le pays : les mondialistes de la communauté. Nous avons donc deux fronts à mener.

Mais, la pomme tombera toute seule et la communauté autochtone se formera d’elle-même au fur et à mesure que la communauté musulmane prendra la forme d’une communauté islamique de nature politique. Cette communauté va clairement afficher sa volonté de prendre le contrôle de notre territoire au contraire de la communauté juive qui l’a fait en se fondant dans les rouages des institutions républicaines et en en prenant la mainmise.

France origine garantie 14/06/2018 16:13

Excellent. Avez vous envoyé ce texte à Chouard ?

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents