Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Terre Autochtone

Terre Autochtone

Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


Les féministes, pom-pom girls du Grand Capital

Publié par Antonin Campana sur 29 Octobre 2020, 11:28am

Catégories : #Conquête des droits, #Perspectives Autochtones

Les féministes, pom-pom girls du Grand Capital

Dans quelques jours, ce sera l’anniversaire de la loi du 02 novembre 1892. Cette loi, votée sous la pression du mouvement ouvrier autochtone, a été une grande avancée sociale face à un patronat oligarchique cupide et sociopathe.  Grâce à cette loi, en effet, les femmes et les enfants sont soustraits au travail de nuit, au travail dans les milieux insalubres ou toxiques, au travail dans les milieux souterrains (mines, carrières…), et leur temps de travail effectif est réduit (pas plus de 11 heures par jour quand même !). Une petite plongée dans les Journaux Officiels de l’époque nous en apprend beaucoup sur l’argumentaire « féministe » des adversaires de la loi.  

Les débats portent principalement sur le travail des femmes, et très peu sur celui des enfants, qui semble faire consensus. Les députés et les sénateurs qui soutiennent la loi disent vouloir « protéger » les femmes. Cela va dans le sens des revendications ouvrières et nous intéresse moins ici que les arguments de leurs opposants, porte-paroles du Grand Capital.

Les arguments de ces derniers sont de deux ordres. D’une part, on fait valoir que la fin du travail de nuit des femmes et la réduction de leur durée journalière de travail vont « désorganiser » le monde du travail et peut-être même induire une diminution du temps de travail effectif des hommes. D’autre part, et surtout, on invoque des principes à la fois éthiques et républicains : faut-il considérer que la femme est différente de l’homme ?

On connaît la structure de base de la République : le corps politique est la somme des individus libres et égaux qui font individuellement contrat (pacte républicain). Chaque « individu » dont il est question ici est une figure de l’Homme abstrait (l’Homme des droits de l’homme), autrement dit ce peut être un homme ou une femme. Il découle de cette conception que la femme ne doit pas être considérée différemment de l’homme. Les opposants à la loi vont s’appuyer sur cette idéologie républicaine pour refuser la soustraction des femmes au travail de nuit ou en milieu toxique.

René Béranger, ancien ministre, sénateur et magistrat, proclame, au nom de la liberté individuelle et des dogmes républicains, que la loi doit consacrer la « liberté des contrats » entre employeurs et employées et ne pas s’interposer entre les contractants, égaux par définition (doctrine du renard libre dans le poulailler libre). Ainsi, dit-il, « Le législateur n’a pas le droit d’intervenir pour régler les contrats entre majeurs ». Le vote d’une telle loi à l’encontre des femmes serait une « hérésie ». Ce serait une « atteinte à leur liberté » (J.O. du 28 mars 1892). Ainsi, au nom de l’égalité et au nom de la liberté des femmes, il faudrait faire travailler ces dernières comme les hommes, 12 heures par jour, la nuit, au fond des mines et dans les milieux toxiques et insalubres ! C’est ce que signifient en substance les propos tenus par le sénateur Béranger !

Aimé-Etienne Blavier, administrateur des Ardoisières d’Anger, censeur de la Caisse d’Epargne, approuve : « Le vrai terrain [de discussion] est, dit-il, celui de la liberté de la femme » ! (J.O. du 28 mars 1892). L’élévation morale de ce combattant de la liberté est telle qu’il ne veut pas renoncer au droit de libérer les femmes dans ses carrières, 12 heures par jour, y compris la nuit si possible ! Le cynisme et le mépris de la souffrance des autres sont la marque des sociopathes !

 Après ces débats contradictoires, opposant les intérêts oligarchiques aux pressions exercées sur la République par le mouvement ouvrier autochtone, le rapporteur au Sénat pose la question : la loi en discussion doit-elle concerner aussi les femmes majeures, ou seulement les enfants ? Au nom de la « liberté du travail », un amendement est déposé par Victor Milliard, lié par sa famille à l’industrie textile et coloniale (Ets Dumarest). Pour Victor Milliard, les femmes ne doivent pas être concernées par cette loi liberticide. Le rapporteur au Sénat (J.O.) résume parfaitement les positions avant passage au vote : veut-on que la femme soit « absolument semblable à l’homme » et donc « régie par les mêmes dispositions législatives » que lui, ou veut-on faire bénéficier à la femme de dispositions particulières la protégeant ?

Les débats montrent donc que l’argumentaire des représentants du patronat oligarchique tourne autour de la « liberté de la femme », femme que l’on voudrait qu’elle fut appréhendée comme un individu « semblable à l’homme ». Significativement, les féministes reprendront ces arguments  pour faire abroger, en novembre 2000, la loi de 1892. La convergence profonde entre féministes et oligarques est donc indéniable, les premières défendant objectivement les intérêts des seconds et les seconds étant, au nom de leurs profits, des féministes avant l’heure (c’est encore vrai aujourd’hui, voyez Soros et ses Femen). En fait, et à bien y regarder, le féminisme est un outil créé par l’oligarchie, afin d’augmenter la main d’œuvre disponible, mais aussi pour accroitre le nombre des consommateurs.

Sur ce dernier point, on se souvient par exemple de la stratégie employée par les cigarettiers américains pour étendre leur marché. Durant la première guerre mondiale ils avaient généreusement distribué des cigarettes aux soldats. Résultat, après la fin des hostilités, la plupart des hommes fumait. Mais comment faire fumer les femmes ? Les cigarettiers ont donc sollicité Edward Bernays, publicitaire et neveu de Sigmund Freud. Celui-ci s’est adressé aux suffragettes et féministes, les incitant à défiler clopes au bec, devant les caméras, lors du traditionnel défilé de la parade de Pâque 1929. Les cigarettes étaient appelées « torches de la liberté ». Ainsi, grâce à Bernays, fumer devenait soudainement le symbole de la conquête du pouvoir masculin et de la libération de la femme... au prix de quelques cancers mais pour le plus grand profit de l’industrie cigarettière (contrôlée par des hommes) !  Un cas d’école !

En France, le nom qu’il faut retenir est celui de Léon Richer, le « véritable fondateur » du féminisme selon Simone de Beauvoir, le « père du féminisme » selon Hubertine Auclert. Léon Richer est indissociable de la franc-maçonnerie. Il est lui-même franc-maçon, fait un grand nombre de conférences au Grand Orient et est aidé dans son action par des « féministes » francs-maçons : Alfred Naquet, à l’origine de la loi sur le divorce, Auguste Vacquerie, Gustave Rivet, à l’origine de la loi sur la recherche de paternité, René Viviani...

Paradoxalement, c’est bien dans des loges masculines que s’élabore l’idéologie féministe. Si la franc-maçonnerie est alors le laboratoire de pensée de la République (elle le reste assez largement aujourd’hui), la République est alors un instrument au service de la banque, de la finance et de l’industrie (idem). Le sas entre les trois entités est donc loin d’être étanche : les francs-maçons sont surreprésentés dans les instances républicaines (à titre d’exemple, six présidents de la IIIe République sont francs-maçons), et le rôle des francs-maçons élus se cantonne essentiellement à défendre les intérêts bien compris de l’oligarchie. De là ces scandales qui, lorsqu’ils éclatent, éclaboussent à la fois la franc-maçonnerie, la République et l’oligarchie (krach boursier de 1882, scandale des décorations, scandale de Panama…). Tout cela pour dire que la franc-maçonnerie n’aurait jamais pu fonder le féminisme s’il y avait eu le moindre danger que le féminisme soit contraire aux  intérêts de l’oligarchie. Bien au contraire : la « libération de la femme » sort la femme de son foyer et la livre pieds et poings liés à un patronat immoral et cupide. De fait, la « libération de la femme » double la main d’œuvre disponible et, comme aujourd’hui avec l’immigration (les mêmes sont à la manœuvre), fait peser à la baisse sur les salaires. Les féministes sont les idiotes utiles du Grand Capital… et de ses agents francs-maçons, qui sont historiquement des hommes (notons que le rôle de la franc-maçonnerie dans l’élaboration du féminisme apparaît très clairement dans d’autres pays que la France. Citons notamment l’Espagne, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis…).

Finalement, on le voit, grâce à quelques idiotes, pom-pom girls à la chorégraphie convenablement réglée, les Blavier ou les Béranger qui avaient perdu en 1892, ont gagné en 2000 ! C’est une leçon pour nous : les grandes stratégies se conçoivent à l’échelle des siècles !

Antonin Campana

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents