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Terre Autochtone

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Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


Hongrie et Pologne : l’Etat de droit, arme de destruction massive de l’UE !

Publié par Antonin Campana sur 15 Octobre 2020, 17:26pm

Catégories : #Les joies de la nation Frankenstein, #International

Hongrie et Pologne : l’Etat de droit, arme de destruction massive de l’UE !

Sur proposition de l’Allemagne, la Commission de Bruxelles vient de conditionner le versement des fonds européens post-Covid au respect de « l’Etat de droit ». Sont visées la Hongrie et la Pologne, trop souverainistes au goût de la Commission. Pour contrer ce chantage (« ce n’est pas la règle de l’Etat de droit, c’est la règle du chantage » selon le porte-parole du gouvernement hongrois), la Hongrie et la Pologne menacent à leur tour de bloquer le fond de relance post-Covid et le projet de budget pluriannuel de l’Union. En quelques lignes, voici un décryptage rapide de la problématique et des enjeux.

Tout d’abord de quoi parle-t-on ? (journalistes et politiciens, généralement, ne comprennent rien).

L’état de droit, doit s’appréhender par opposition à l’état de nature. Selon Rousseau, l’état de nature caractérise une époque où les hommes vivaient isolés les uns des autres et disposaient de droits issus de leur nature. Ce sont les « droits naturels » : la liberté, la possession de biens, la sûreté, la résistance à l’oppression. L’état de droit caractérise le moment où les individus isolés établissent un « contrat social » par lequel ils décident de constituer ensemble une société. Le corps politique et l’Etat ainsi engendrés s’engagent à protéger légalement les anciens droits naturels des individus. Autrement dit, l’état des individus, autrefois régi selon leur nature (état de nature), est désormais régi selon le droit (état de droit). Le mot « état » caractérise ici une situation (comme dans « état de siège ») et non une forme d’institution étatique (comme dans « Etat démocratique »).

Des idéologues jouant sur un glissement sémantique ont écrit Etat de droit, avec une majuscule, pour signifier que l’Etat est lui-même dépendant de l’état de droit, c’est-à-dire d’un droit qui le transcende, un peu comme Daesch est soumis au droit islamique. De quel droit s’agit-il ? On l’aura compris, il s’agit essentiellement des droits naturels, tels qu’ils apparaissent par exemple dans la Déclaration des droits de l’Homme.

Ceci étant précisé, revenons à la Hongrie et à la Pologne. Quelles seraient les conséquences pour ces pays si par malheur ils se soumettaient aux volontés de la Commission européenne sur « l’Etat de droit » ?

Premièrement, l’Etat hongrois ou polonais serait soumis à l’état de droit, c’est-à-dire à un droit supérieur à lui-même. L’Etat étant l’expression du corps politique en son ensemble, cela signifie que la volonté du peuple serait  elle-même soumise  à un droit supérieur... donc aux juges, seuls compétents pour interpréter ce droit supérieur. C’en serait fini de la démocratie.

Deuxièmement, la cellule de base de la société ne serait plus la famille ou les groupes d’identités mais l’individu. N’oublions pas que, selon la théorie, l’état de droit apparaît parce que des individus isolés contractualisent. Le contrat passé entre individus serait alors le seul ciment social officiel et légal en substitution de l’identité, de la religion ou de la culture sociétale (glossaire).

Troisièmement, la théorie du contrat social considère l’Homme sans distinction d’origine, de race ou de religion. Le contrat se réfère à des valeurs communes à tous les hommes (celles du droit naturel et des droits de l’homme). L’état de droit s’organise donc en fonction d’un droit universel, acceptable par tous les hommes, et permettant le vivre tous ensemble. Dans le cadre de cette croyance, exclure ou discriminer en fonction de l’origine, de la race ou de la religion relève évidemment du racisme. L’état de droit implique donc la société ouverte et la société ouverte permet l’immigration de peuplement.

Quatrièmement, l’état de droit postule la primauté de l’individu, cellule de base de la société, ainsi que sa liberté fondamentale (au détriment des intérêts du groupe s’il le faut). Au nom de l’état de droit, l’individu peut revendiquer de n’être pas soumis à des « conditionnements » culturels, sexuels, religieux ou même biologiques. L’état de droit implique donc les dérives féministes, les revendications LGBT, la PMA, la GPA, le « mariage pour tous », etc.  

En résumé, l’acceptation de l’Etat de droit signifierait pour Hongrois et Polonais la destruction de la démocratie, le pouvoir d’une minorité omnipotente, non élue et indirectement installée par l’oligarchie (les juges), l’immigration de peuplement, une organisation mécanique de la société, un libéralisme sociétal débridé (LGBT, mariage homosexuel, féminisme…). Bref, pour ces deux pays, accepter l’Etat de droit reviendrait à consentir à un suicide collectif.

Il faut bien comprendre, pour finir, que l’Etat de droit se justifie par la foi en l’existence de droits universels transcendants et par la croyance que certains hommes proches du sacré peuvent les interpréter pour le plus grand bénéfice du peuple profane. Ces haruspices des temps modernes sont bien sûr les juges. Foi et croyance : nous sommes bien en présence d’une nouvelle religion, même si celle-ci est laïque. Rien d’original là-dedans. Souvenons-nous que l’Union soviétique avait son transcendant matérialisme dialectique… et les membres du  politburo seuls à même de le décrypter. Et puis encore, puisqu’il est question de religion : quelle différence de structure entre l’Etat de droit et l’Etat islamique ? Là où celui-ci dit « droits de l’Homme », celui-là dit « droit islamique ». Là où celui-ci dit « juge », celui-là dit « imam ». Et les deux se moquent bien des peuples qu’ils oppriment au nom de leur transcendance !

Souhaitons aux Hongrois et aux Polonais qu’ils n’embrassent jamais la religion de l’Etat de droit. Elle est satanique et ils disparaîtraient avant peu, comme nous-mêmes avons peut-être déjà disparu.

Antonin Campana

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