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Terre Autochtone

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Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


La république des bons élèves face aux banlieues

Publié par Antonin Campana sur 9 Avril 2020, 16:17pm

Catégories : #Le coin des clowns, #Les joies de la nation Frankenstein

La république des bons élèves face aux banlieues

 

Cela a déjà été dit, la longue préhistoire a forgé des différences fondamentales entre les sexes. Au chasseur, l’homme, la nécessité de s’adapter continuellement au terrain, au temps, au gibier, en remettant en cause ses habitudes, en enfreignant même parfois des règles qui, selon le contexte, ne seront d’aucune utilité. A la gardienne du foyer, la femme, l’obligation de reproduire des gestes millénaires pour entretenir la flamme et d’appliquer rigoureusement les méthodes éprouvées pour faire et éduquer les enfants. Pendant des milliers d’années, l’homme a du parfois transgresser les règles, et la femme a du toujours veiller à leur conservation. Grâce à la complémentarité de l’homme et de la femme, une civilisation à la fois stable et innovante a pu émerger.

Durant ces dernières centaines de milliers d’années, ces dispositions à la transgression et à la reproduction mimétique n’ont désavantagé aucun des sexes. Ils ont sans doute été d’une grande utilité à la préservation de l’espèce et ont permis la domination d’un environnement hostile.

C’est grâce à l’instinct de transgression que des génies humains, tous des hommes, ont pu conquérir le sommet des montagnes, découvrir les continents les plus lointains, imaginer des philosophies et des religions, bouleverser ce qui était communément admis dans les sciences…. C’est grâce à l’instinct féminin de conservation que la transgression, canalisée, domptée et adoucie, n’est pas devenue anarchie. En bref, savoir transgresser, c’est-à-dire sortir de ce qui est habituel et naturel, est nécessaire si l’on veut évoluer, mais savoir conserver est non moins nécessaire pour évoluer dans le bon ordre.

Le problème est que, sous ses couverts de liberté individuelle absolue, notre société n’admet plus la transgression. Au contraire, elle la sanctionne dès qu’elle se manifeste. L’école, par exemple, ne permet pas à des personnalités transgressives de s’épanouir. Elle donne l’avantage aux élèves qui régurgitent correctement leur leçon, qui appliquent convenablement les règles, qui ne s’écartent pas des enseignements. En bref, elle avantage les filles et désavantage les garçons souvent distraits par des préoccupations qui ne rentrent pas dans le cadre scolaire. Au final, les filles ont de biens meilleurs résultats scolaires que les garçons et commencent aujourd’hui à dominer des secteurs de plus en plus larges de la société. Pire peut-être, les garçons sélectionnés pour accéder aux classes supérieures sont souvent ceux qui manifestent le plus activement des tendances à ne pas s’écarter des conventions et de la chose apprise (sans que cela soit bien sûr une généralité). La sélection pour entrer en faculté de médecine, par exemple, demande plus d’aptitudes à réciter passivement par cœur que de dispositions à l’autonomie et au questionnement : les filles représentent 70% des inscrits en première année. De la même manière, les hommes sont bien moins armés pour entrer dans la spécialité RH (Ressources humaines) qui demande d’appliquer des règles sans guère laisser de latitude (69% des professionnel RH sont des femmes). En droit, les filles représente plus de 70% des licenciés. La recherche elle-même, qui autrefois favorisait le génie transgressif masculin, favorise les femmes puisque cette activité se réduit de plus en plus à l’application mécanique de procédures.    

En bref, un homme occupera souvent une place dans la société inversement proportionnelle à la puissance de son instinct transgressif. Pour réussir, il lui faudra refouler sa nature, jusqu’à ce que celle-ci, domestiquée, soit devenue socialement acceptable. On retrouvera ainsi à la tête des institutions, soit des hommes psychologiquement féminisés, incapables de s’affranchir des règlements, soit des femmes.

En temps normal, cela ne pose guère de problèmes. En période troublée, il en va tout autrement. Le taux de testostérone des dirigeants peut alors conditionner la survie du groupe. Voyez la crise sanitaire que nous traversons. Depuis plusieurs semaines, les laboratoires vétérinaires se proposent pour effectuer des tests de dépistages. Nos dirigeants ont refusé jusqu’à ce week-end. La raison ? Des problèmes « administratifs » ! Alors que la situation exigeait qu’on s’affranchisse immédiatement des textes en vigueur (attitude transgressive masculine), nos dirigeants ont préféré appliquer méthodiquement et passivement les règles en la matière (attitude féminine). Prenez l’exemple du professeur Raoult. Je ne sais si la chloroquine est efficace ou pas. Là n’est pas la question. Mais à l’évidence Raoult a une attitude transgressive. Il fait des tests massifs et traite à la chloroquine ses patients, alors qu’apparemment il n’en a pas le droit. Et que lui reproche-t-on ? De s’affranchir des protocoles ! De ne pas suivre les règles, de passer outre ce qu’il se fait habituellement. Comme Napoléon se saisissant d’un drapeau à Arcole ou Ignace Semmelweiss qui, malgré la résistance de ses supérieurs, démontra l’utilité pour les obstétriciens de… se laver les mains ? En fait, on lui reproche d’agir comme un homme. Bien sûr, une société ne peut avoir que des Raoult ! Ce serait un enfer ! Mais notre société crève de ne pas en avoir du tout !  Elle crève de s’être féminisée !

Le drame, pour nous, est que notre pays contient aujourd’hui plus d’une seule société : elle en a au moins deux ! Nous ne faisons pas société avec la population des banlieues (et inversement). Alors qu’en est-il de l’attitude transgressive, masculine donc, dans la société des banlieues ? Est-elle aussi peu considérée que dans la nôtre ?

Répondre à cette question est très simple. Il suffit de regarder qui compose la « classe dirigeante » des banlieues. Et pour savoir qui compose la classe dirigeante des banlieues, il suffit de regarder qui y touche les hauts « salaires ». Ainsi, les « patrons » de banlieue touchent 20 000 €, d’autres, des « cadres », 1650 €, d’autres encore, des « chefs de vente », 535 €, enfin, des « commerciaux » si l’on veut, 150 €. Mais attention, nous parlons « salaires » moyens, et surtout salaires journaliers. Tout ce petit monde vit bien sûr du commerce de la drogue (rapport synthétique L’argent de la drogue en France , 2016, rédigé pour la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives -MILDECA). 1000 caïds « tête de réseau » emploient directement 250 000 personnes. Mais des centaines de milliers, profitent indirectement du commerce ainsi généré.

 Comment devient-t-on « tête de réseau » dans les banlieues ? En étant studieux ? En ayant réussi à des examens ? En évitant de « faire des vagues », en montrant sa nature féminine, peut-être ?  Evidemment non. Seuls les plus transgressifs, les plus agressifs, les plus intelligents et les plus imaginatifs peuvent se hisser au sommet et organiser un trafic qui par définition commande de savoir contourner les règles, de transgresser les lois et d’être innovant et réactif face à tous les imprévus. Et le schéma se répète pour les « cadres », les « chefs de vente » et même les « vendeurs » ou les « guetteurs » (90€ par jour). En bref, dans les banlieues, la testostérone commande. A l’ancienne.

Face au corps dirigeant des banlieues et à sa petite armée de trafiquants, nous avons donc un Etat dont les hauts fonctionnaires et les dirigeants politiques sont sélectionnés en fonction de leur capacité à être politiquement correct, à éviter les remous, à ne pas sortir de l’orthodoxie et des conventions, à mimer la médiocrité ambiante. Prenez encore l’exemple de la police, dont les cadres ont été sélectionnés en raison de leur réussite à des concours, puis qui gravissent les échelons à condition de ne pas prendre d’initiatives, de ne pas sortir du moule et de respecter passivement les ordres. Les femmes commencent d’ailleurs à y régner aux échelons supérieurs : près de 25 % des commissaires de police et près de 25 % des officiers de police sont déjà des femmes ! Normal. Quand le processus de sélection est fondé sur la capacité à reproduire des choses apprises, et non sur la capacité à prendre des décisions qui peuvent sortir des attentes de la hiérarchie, ou même de la norme généralement admise, alors la psychologie féminine s’impose, y compris d’ailleurs chez les fonctionnaires masculins.

L’armée est dans la même situation. Tous les grands officiers qui ont fait la gloire de la France dans les siècles passés ne resteraient pas quinze jours dans cette armée sans se faire virer. Les paras durant la bataille d’Alger, ou les militaires du putsch d’Alger, sont les derniers soldats français à avoir adopté une attitude clairement transgressive. On les juge très mal aujourd’hui. On leur préfère largement ceux qui suivent les manuels et qui, avec une discipline irréprochable, refont les guerres d’aujourd’hui avec les stratégies de la guerre d’avant.  Ici encore, dans l’armée, les femmes arrivent en force et se hissent facilement au sommet, ce qui est significatif de ce dont nous parlons. Elles composent déjà 7,8% des officiers et des officiers généraux !

Dans tous les échelons de l’Etat, le personnel sélectionné pour occuper les plus hautes fonctions est donc celui qui ne s’est pas fait "remarquer". C’est un personnel forcément médiocre, insipide, sans caractère, aux initiatives prudentes, aux décisions mesurées. C’est un personnel de « bons élèves » et de « premiers de la classe ». Il en faut, certes. Il en faut même majoritairement, mais à condition d’avoir le moment venu quelques de Gaulle (celui de juin 40), quelques Massu, et même quelques Papon. Où sont-ils aujourd’hui ?

Donc, si nous revenons à ces deux sociétés qui sont aujourd’hui « face à face », pour reprendre l’expression de Gérard Collomb, celle des banlieues, menée par des gens sélectionnés pour leur taux de testostérone, et la nôtre, dirigée par des gens sélectionnés selon leur degré de docilité, qu’en sera-t-il le jour où ce face à face se transformera en violence déclarée ?

Depuis deux siècles, au nom de l’égalité, la République a coupé toutes les têtes qui dépassaient, produisant à la chaîne les Macron, les Castaner, les Buzyn, les Salomon, égaux dans leur insignifiance, personnalités des temps « normaux ». Ces gens, poules affolées devant le renard qui survient, sont incapables de faire face à un virus évoluant pourtant de manière prévisible, si ce n’est en se réfugiant derrière des scientifiques, si ce n’est en mentant, en communiquant, ou en se contredisant. Ces produits de l’arasement républicain ne savent pas s’adapter à une situation inédite : ils occupent leurs places grâce à une psychologie féminine conformiste et non en raison d'une capacité à enfreindre les normes habituelles quand la situation l’exige.

Face à leurs homologues des banlieues, capables de stratégie et de réactivité, ils ne pèseront par lourd. Alors ils évitent soigneusement de les titiller, en donnant, par exemple, l’ordre aux forces de l’ordre de ne pas contrôler le confinement dans les quartiers. Ils ignorent que la faiblesse attire la violence. Un pouvoir détenu par des gens comme ceux-là est un pouvoir à prendre. Que feront-ils, ces incapables, lorsque les banlieues viendront le réclamer ? La crise sanitaire, qui ferme les frontières (du Maroc, de l’Espagne et de la France) et assèche le trafic de drogue (il paraît que les stocks sont proches du zéro), pourrait bien précipiter les choses.

Terminons ce petit article sur une note positive : il n’est pas douteux que notre peuple possède encore ses propres personnalités transgressives et que les évènements à venir les révèleront. Il n’est pas douteux non plus qu’on les trouvera plus facilement, ces personnalités, chez les sans grades ou les officiers subalternes qu’au sommet des hiérarchies. Au commencement, elles mettront fin aux délires sociétaux, au féminisme, aux théories du genre et au lobby LGBTQ+. Elles annonceront ensuite le retour de l’homme blanc décomplexé. Après, le combat s’engagera.

 Antonin Campana

 

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Lu Daniel 17/04/2020 10:49

Bonjour Monsieur, après un article assez pessimiste il y quelques semaines, il semble que vous ayez retrouvé la foi.

Merci pour votre blog très stimulant, en ces temps difficiles.

Fabrice GUEHO 14/04/2020 11:30

Votre article évoque un vrai problème mais n’aboutit pas vraiment à une conclusion opérante. Si on s’en tient à l’idée de valeurs « masculines » et de valeurs « féminines », alors vous avez raison, la société se « féminise ». Vous n’êtes pas le seul à le remarquer, depuis Nietzsche jusqu’à Obertone ou Zemmour. Mais quelle conclusion les lecteurs vont-ils tirer de votre article ? qu’il faut, sans doute, limiter l’accès des femmes à certaines fonctions qui impliquent des « initiatives ». Ainsi, selon vous, les hommes et les femmes sont déterminés par leurs instincts qui en quelque sorte colorent leur comportement, leur vision du monde et leurs valeurs. L’ennui, vous le savez bien, c’est qu’il y a beaucoup d’hommes capables de comportements selon vous féminins, capables de respect scrupuleux des règles et capables d’empathie par exemple. Vous les « dénoncez » d’ailleurs, chez nos « élites » sélectionnées selon vous par un système pervers qui favorise les valeurs féminines. Or, vous n’expliquez absolument pas comment des « mâles » avec un taux de testostérone normal peuvent ainsi devenir ceux que vous n’osez pas appeler des « femmelettes »… Avez-vous au moins une étude épidémiologique à fournir, montrant par exemple que le taux de testostérone est inférieur à la normale chez nos dirigeants ? Inversement, votre schéma idéologique ne peut pas rendre compte des nombreuses femmes qui se rendent capables de « transgresser » les règles, de prendre de vraies initiatives, de commander vraiment, tout en étant parfaitement féminines par ailleurs, y compris dans leur sexualité. Il se trouve qu’aujourd’hui les choses évoluent et de nombreuses jeunes femmes de la génération montante pourraient vous étonner si vous les connaissiez. Votre schéma idéologique est incapable de rendre compte d’un personnage comme la Carmen de Bizet.

Avec votre article, nous sommes bien dans l’idéologie dont une des caractéristiques est la posture de s’en tenir opiniâtrement à un point de vue pour des motifs étranger à la rationalité, notamment d’ordre affectif. Voyez Raymond Boudon. Au contraire une approche rationnelle consiste à chercher à approfondir à partir de contre-exemples, c’est-à-dire adopter finalement l’attitude « masculine » qui consiste à ne pas s’en tenir au donné immédiat, ce que manifestement vous ne faites pas. Vous vous en tenez ainsi (d’une manière toute féminine selon vos critères…) à une des deux positions idéologiques traditionnelles sur ces questions.

Vu le niveau d’étude élevé que prouvent nombre de vos articles, je ne doute pas que vous connaissiez le contexte idéologique de votre thèse. Il y a d’un côté l’idéologie du « tout culturel » : rien en l’homme n’est déterminé par la nature et tout lui vient de la culture et de l’éducation. C’est en effet l’aberrante « théorie du genre » hors de toute détermination biologique. A l’opposé, autre thèse consiste à souligner que les humains sont essentiellement déterminés par la « nature », par la biologie et par conséquent toute tentative de s’émanciper de ce modèle est voué à l’échec.

C’est cette dernière conception que vous semblez défendre alors qu’elle est tout aussi absurde que la première car tout comme vous elle ne rend pas compte des exceptions. Et ce sont ces exceptions, ces « transgressions » qui vous intéressent tant, qui font toute la différence. Vous en êtes encore à l’absurde « essai sur les femmes » de Schopenhauer qui lui-même d’ailleurs fournissait les outils intellectuels pour relativiser sa propre conception dans son maître ouvrage.

En réalité, on sait depuis longtemps que les deux thèses comportent une part de vérité. La biologie moderne montre deux choses. L’homme est en effet pourvu d’instincts puissants, en particulier pour la sexualité et l’agression. Mais il est capable également de court-circuiter ces instincts grâce au « néocortex » Par exemple, j’imagine que vous êtes capable de discuter avec une jolie femme d’un sujet qui vous passionne en faisant alors totalement abstraction (au moins pour quelques minutes !) du fait que cette femme est jolie, attirante, simplement parce que, pour l’instant, ce n’est pas le sujet ! Je sais bien que ça peut être difficile dans notre société hyper sexualisée où les individus sont en permanence invités à s’identifier à leur statut sexuel alors même que les hommes sont mis en demeure d’abandonner leurs attitudes viriles, comme le souligne Zemmour. C’est ce que n’ont pas compris certaines sociétés archaïques qui devant la difficulté à gérer la sexualité, préfèrent cacher les femmes et les réduire en esclavage. Ces cultures archaïques ont totalement raté l’éducation des mâles par rapport à leur sexualité dont ils sont tellement obsédés en réalité car ils ne savent pas court-circuiter l’instinct autrement que par la punition. Max Scheler dans un essai célèbre, « la pudeur » montrait qu’une femme peut très bien se montrer nue sans éprouver la moindre pudeur lorsqu’elle joue le rôle de modèle pour un peintre. Et tout-à-coup, elles éprouveront dans un premier temps de la pudeur au moment ou le regard du peintre change. Ceci démontre s’il le fallait encore que l’être humain n’est pas conditionné par ses instincts comme un automate.

Mais ce n’est pas la nature qui commande cela, c’est la culture d’une société devenue folle. Car ici, les hommes et les femmes s’identifient à ce qu’ils croient être leur « nature », leur « instinct » alors qu’en réalité ils imitent un modèle soi-disant naturel que la culture leur impose. La culture ici singe la nature un peu comme le célèbre garçon de café de Sartre qui joue à imiter ce qu’il croit être sa nature découlant de sa fonction. Là où vous avez raison, c’est que les femmes sont conditionnées à être des femmes, moins que naguère cependant, comme le montrent les films des années 50-60 qui déjà comportaient des exceptions.

En fait, les femmes, tout comme les hommes, sont bien capables de « court-circuiter » leurs instincts dont il faudrait d’ailleurs établir la cartographie sans doute éloignée de la caricature que vous en faites, car on sait aussi, par exemple, qu’elles sont capables de toutes les « transgressions » par amour ou par idéal. (cf. Antigone)

Votre article manque donc bien son objectif car comme vous le fait remarquer un autre commentateur, ce n’est pas l’hypothétique féminisation qui pose problème mais bien l’autre problème que vous soulignez, le manque d’initiative, c’est-à-dire au fond le manque du sens de la liberté. Si vous lisez par exemple le livre « les décisions absurdes » de Christian MOREL, vous verrez que le conformisme est loin d’être une valeur purement « féminine ». Inversement, même Jean-Didier Vincent, dans « biologie des passions » soulignait que la réduction à n’animalité ne rend pas compte des comportements humains.

La vraie question est donc de savoir à quel condition un être humain peut devenir un « individu » à part entière, contrairement au « fantôme d’ego » (Nietzsche, Aurore, par 105) auquel ressemblent beaucoup de nos contemporains que décrit très bien le sociologue Alain EHRENBERG dans son le livre « l’individu incertain »
Ce que vous décrivez comme le comportement masculin type est en réalité une part de ce que peut être un individu véritable, un homme libre ou une femme libre c’est-à-dire capable tout à la fois de prendre des initiatives, de prendre des risques et à d’autres moments se montrer tendre et empathique.
La critique d’une « féminisation » de la société est inutile et injuste car finalement, en bon « mâle », vous donnez le beau côté aux hommes et enfermez les femmes dans leur condition biologique.

Antonin Campana 14/04/2020 16:09

Quelle charge !
Je vous répondrai succinctement et de manière globale, sans m’attarder sur tous les points (qui le mériteraient néanmoins) car je n’ai ni le temps ni le goût d’engager un long débat sur ce sujet. J’ai encore un lecteur qui voudrait croiser le fer avec moi sur une traduction d’un passage biblique qui ne le satisfait pas entièrement (très intéressant aussi), et un autre qui remet en cause ma définition de l’Etat de droit. Bref, à répondre à tous et sur tous les sujets, à force d’arguments et de contre-arguments sans fin, je ne m’en sors plus. J’ai donc pris le parti de ne répondre qu’une fois. Vous m’en voyez désolé.
Je ne suis ni un scientifique, ni un idéologue, ni un philosophe. Je suis quelqu’un de primaire qui s’en tient strictement aux faits et qui raisonne à partir d’eux. Selon moi (libre à tous de me contredire sur ce chapitre) :
- Un homme n’est pas une femme
- Leurs différences ne tiennent pas uniquement à leurs organes génitaux.
- Que ces différences soient plus culturelles qu’innées, plus innées que culturelles, ou le produit d’un mélange des deux selon les proportions que vous voudrez, n’a aucune importance ici : je les constate et c’est tout.
Selon moi, il existe depuis toujours une psychologie « plutôt » féminine et une psychologie « plutôt » masculine. Les hommes, dans l’histoire, apparaissent comme beaucoup plus transgressifs que les femmes. Ils sont un facteur essentiel de changement et d’évolution (mais aussi, s’il faut, pour satisfaire à l’air du temps, traduire cette « qualité » en défaut, un facteur important d’instabilité). Les femmes, quant à elles, apparaissent comme beaucoup plus conservatrices et « mimétiques » que les hommes. Cette qualité, car c’en est une dans une société qui ne ferait pas de l’homme l’horizon indépassable de la femme, permet de calmer l’instabilité masculine tout en conservant l’identité ancestrale et surtout en la transmettant. Les Apôtres étaient tous des hommes, mais les derniers à incarner le paganisme étaient des dernières (les méchantes « sorcières »). De la même manière, l’anticléricalisme était surtout une affaire d’hommes, et les derniers à déserter les églises étaient encore des femmes. Si la judéité passe par la mère, c’est que la mère garde l’identité et la transmet. Elle (la mère) est plus fiable.

Vous semblez suggérer que les femmes sont aujourd’hui moins « conditionnées » à être des femmes. Bref, qu’elles se comportent davantage comme des hommes. Effectivement on les voit aujourd’hui « faire des carrières », jouer au rugby ou pratiquer la boxe. Mais se faisant, elles ne font qu’imiter les hommes : comme toujours, elles se comportent conformément aux normes qu’on leur a indiquées comme vraies. Elles ne transgressent pas. Elles reproduisent (elles pratiquent tous les sports masculins par exemple. Mais quels sports ont-elles créés ? Qu’ont donc créé de réellement révolutionnaire, dans n’importe quel domaine, les femmes « libérées » d’aujourd’hui ? ). Bref, plus elles imitent les hommes (un cran en-dessous toujours), plus elles se comportent fondamentalement selon leur nature féminine. Elles gardent leur psychologie fondamentale tout en abolissant son utilité sociale (les femmes ne conservent plus et ne transmettent plus les héritages passés). A ce mimétisme détourné de son objet sacré (garder les héritages), répond un repli de la psychologie masculine transgressive (elle n’est plus valorisée dans notre société). C’était l’objet de mon article.

Pour conclure (je vois que je me suis laissé entraîner !), chaque individu est bien sûr libre de se réaliser. Mais les sexes ne sont pas des individus. Ils sont ce qu’ils sont. Et ils sont complémentaires, à condition que des apprentis sorciers, adeptes de quelque ingénierie sociale, ne détournent pas leurs instincts.

Ribus 12/04/2020 16:33

La « dévirilisation » des sociétés est un des ingrédients du processus d’effondrement civilisationnel ; nous n’échapperons pas à la règle. Dans cette logique, un État-major de coquettes n’a jamais gagné une guerre, fut-elle bactériologique. Le spectacle lamentable du pouvoir des précieuses ridicules de la Macronie ces jours-ci restera sans doute un cas d’école de la déconfiture d’une « élite » dégénérée face à un événement grave, certes mais aussi applicable en cas de guerre ou de cataclysme météorologique...L’inefficacité observée est pour partie due, en effet, au mode de recrutement qui privilégie le conformisme le plus servile même si les recruteurs eux-mêmes s’en défendent. Par ailleurs, tant que la banlieue ne s’est pas dotée d’un chef charismatique, la gangrène continue de ronger mais les organes vitaux vont commencer à flancher tôt ou tard. Notre problème va devenir institutionnel puisque la Vè République est elle-même désormais intubée. Ci-après : Comment être un chef ? Entretien avec François Bert.
https://www.youtube.com/watch?v=Qoc3SoojkYM

Olivier 16/04/2020 00:37

J'approuve la réponse de Fabrice Gueho, sauf sur une point : "les hommes ne sont pas habitués à gérer une égalitaire avec une femme qui est en même temps un sujet libre"...
Peut-être que parmi les hommes de plus de 60 ans il y a cette difficulté, mais parmi les moins de 50 ans, une grosse proportion des hommes sait gérer une relation homme-femme de façon égalitaire. Je dirais même que pour cette tranche d'âge, le problème serait maintenant plutôt du côté des femmes, en raison du néo-féminisme qui les pousse à se prendre pour la fine fleur de l'humanité, avec des droits supérieurs aux hommes.

Fabrice GUEHO 14/04/2020 17:37

Cher Monsieur Campana,
Vous aurez sans doute compris que ma « charge » ne se voulait pas agressive. J’ai estimé que la qualité de l’ensemble de vos articles sur ce blog m’autorisait, pour une fois, une critique un peu soutenue. J’avais d’ailleurs tout particulièrement apprécié votre document PDF sur le « grand remplacement. Vous avez sans doute noté que sur l’aspect strictement sociétal, je suis d’accord avec vous. Alors, si j’ai insisté pour démonter le cœur de votre thèse c’est parce que, selon moi, elle fige la situation et enferme définitivement les gens, hommes ou femmes, dans leur condition biologique alors même que de nombreux exemples prouvent le contraire. Certes, vous avez parfaitement raison, aujourd’hui les femmes font les femmes ou alors font les hommes dans la plupart des cas. Je vais même jusqu’à vous suivre quand vous dites que certaines imitent les hommes sans rien inventer. Mais là où selon moi vous allez trop loin c’est quand vous y voyez une nécessité naturelle, biologique, instinctuelle qui demeure indépassable, quoi qu’on fasse. Ce faisant, vous êtes obligé d’ignorer les exceptions qui apparaissent au hasard d’un conditionnement social. Et comment voulez-vous qu’une jeune femme s’y prenne autrement qu’en imitant d’abord les seuls modèles qui s’offrent à elle, soit masculins, soit féminins ? Là est tout le problème. Je ne sais pas si l’histoire donnera raison à ma thèse ou à la vôtre, savoir si effectivement elle permettra un jour l’avènement d’un « individu » véritable. En attendant, notez que pour l’essentiel, je suis d’accord avec vous mais je refuse de condamner les hommes et les femmes à leur seule identité sexuelle sans pour autant tomber dans la théorie du genre. Les jeunes femmes que j’ai connues dans mon travail ne sont ni masculine ni féminine, sauf dans leur intimité à laquelle bien entendu je n’avais pas accès mais dont elles pouvaient à l’occasion me parler. Les mœurs changent sous nos yeux et c’est vrai qu’en matière de sexualité, désormais, les choses sont plus difficiles pour les hommes que pour les femmes, car les hommes ne sont pas habitués à gérer une égalitaire avec une femme qui est en même temps un sujet libre. C’est d’ailleurs là que notre point de désaccord apparaît plus délicat. Car je crois que si on vous suit, la seule solution est de limiter l’accès des femmes à certaines fonctions pour les cantonner dans leur rôle historique hérité du paléolithique. Au contraire, les éléments que j’ai précisés permettent un dépassement du blocage en rappelant que chez l’être humain, l’instinct ne commande que tant qu’on le laisse faire tandis que le néocortex et la conscience permettent d’inventer la liberté.

Olivier 13/04/2020 14:00

"Virilisme" et "néo-féminisme" sont à mon avis les deux faces opposées d'une même bêtise. Le virilisme légitime la domination des femmes par les hommes, et le néo-féminisme légitime la domination des hommes par les femmes.
J'entends déjà les donneurs de leçons expliquer c'est qu'est réellement (i.e. dans leur esprit) le "virilisme" et comme il est souhaitable. Mais on trouvera les donneurs de leçons équivalents chez les néo-féministes, faisant preuve de la même étroitesse d'esprit et du même dogmatisme.
Ma solution est simple : ne valoriser ni l'un ni l'autre.
Il est entendu, et je pense que nous seront d'accord ici, que le néo-féminisme fait partie de la pensée dominante actuelle et qu'il participe à la liquéfaction de la société occidentale.

Olivier 12/04/2020 01:49

Je ne suis pas enthousiasmé par cet article, que je trouve moins bon que les autres, et même mauvais intellectuellement. Si les génies du passé ont été des hommes, c'est surtout parce que les femmes étaient à la maison. Je souhaite éviter les raisonnements qui se basent sur de prétendues différences comportementales entre homme et femme car rien n'est démontré fondamentalement et surtout car ce n'est pas nécessaire d'en parler. En effet, le politiquement correct, la "bien-pensance naïve", l'avidité pour le pouvoir et l'argent, la bêtise, la peur de sortir du groupe, la soumission à l'oligarchie, ... suffisent à expliquer bien des choses. En basant une partie de l'argumentation sur des théories incertaines ou douteuses, c'est tout le discours qui en pâtit !
Olivier (qui apprécie toutefois souvent vos articles)

Jean Claude 19/04/2020 19:30

Pour répondre à Olivier :
Je suis un vieux soixante-huitard de 67 ans et à 20 ans j'avais déjà avec les jolies féministes de l'époque post-68 des relations très égalitaires et en même temps plaisantes.
Toutes et tous étaient plutôt libres de mœurs et d'opinion, sans télé, mais avec beaucoup de baise (un fin connaisseur du clitounet était un amant recherché et comblé) et un partage équitable ds tâches en fonction des aptitudes et des possibilités physiques de chacun ou chacune.
On n'a pas progressé d'un pouce depuis cette époque de jouisance, bien au contraire.
Pendant et après la guerre ethnique à venir, l'application du schéma d'Antonin sera probablement pour la gent féminine une question de survie.
Je leur souhaite de tout cœur de trouver un mâle fort et combatif, bricoleur et armé, quand bien même serait-il un peu macho. mais qui puisse les protéger de la tournante qui les attend, et qui précèdera leur mise en esclavage par des gens que le neo-féminisme fait suavement ricaner.
Amusez vous bien,
Jean Claude

Olivier 16/04/2020 00:55

> J'observe beaucoup de "politiquement correct", de "bien-pensance naïve"

Peut-être que vous voyez mal et que vous jugez trop vite. Ou bien si j'ai fait preuve de naïveté, je voudrais bien être éclairé.

> Une femme n'est pas un homme sans testicules !

Et donc ? Vous en déduisez les caractères intrinsèques des hommes et des femmes ? Ce n'est pas raisonnable car les rôles et les attitudes des deux sexes ont toujours été fortement influencés par la culture. Voyant cela, je refuse d'attacher à un sexe des caractères psychologique qui leur serait spécifique. Je me borne à observer la nature : la femme fait les enfants et a les seins pour les allaiter, et l'homme est en moyenne plus fort physiquement. Ces aspects orientent naturellement les comportements en ce qui concerne les enfants et les tâches de force, mais laissent beaucoup de liberté hors de cela.

Je ne dis pas cela pour le plaisir de vous contredire, mais parce que je trouve que votre effort pour l'autochtonisme européen est magnifique, et je ne voudrais pas qu'il soit attaqué de côté par des gens qui diraient "regardez ce qu'est l'autochtonisme, ce sont des gens arriérés qui considèrent les femmes comme des êtres inférieurs". Car même si vous ne pensez pas ainsi, c'est l'interprétation qu'on fera de votre description des femmes.

Antonin Campana 12/04/2020 08:40

J'observe beaucoup de "politiquement correct", de "bien-pensance naïve" et de "peur de sortir du groupe" dans votre message. Une femme n'est pas un homme sans testicules !

Jean Claude 10/04/2020 15:58

Bonjour,
Quel optimisme, quelle foi dans ce dernier paragraphe ! Un homme providentiel transforme les zombies en guerriers !
Ceux qui ne sont pas déjà solidement armés, entraînés et pourvus d'un bon stock de munitions ainsi que de vivres ont une probabilité de survie à cinq ans très proche de zéro.
Je leur conseille de s'exiler au plus vite vers un pays d'Orient tant que c'est encore possible. Je révise mon russe...
Bon courage à toutes et à tous....

Anne-Marie G 13/04/2020 14:37

Etes-vous un moine sorti du Mont Athos ? Vous auriez vos chances pour y postuler et y trouver refuge. Je vous signale Socrate, un homme qui en vaut bien d'autres, qui n'avait pas peur des femmes. Les hommes soi-disant virils sont des hommes qui ont peur de la castration. Cela dit, je pense que notre société est trop "féminisée", cela induit un taux d'absentéisme important dans les services publics pour "garde d'enfant" ou autre contrainte familiale. Sans doute aussi un certain conformisme, quoique pas mal de lanceurs d'alerte soient beaucoup de lanceuses d'alerte, notamment celle relative au mediator. Aussi, je me permets de vous dire, scrogneugneu puisque vous censurez abusivement par sexisme rétrograde, ce qui n'a rien à voir avec un esprit transgressif, bien au contraire.

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