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Terre Autochtone

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Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


Pontificalis Romani

Publié par Antonin Campana sur 9 Juillet 2016, 09:05am

Catégories : #Les joies de la nation Frankenstein

Pontificalis Romani

 

[Le rite d’ordination des prêtres et évêques signifie depuis Vatican II que l’Eglise se détourne du sacré et abandonne la cause des peuples. L’Eglise marque ainsi son ralliement au mondialisme et sa soumission aux oligarques, les princes de ce monde en putréfaction]

 

Le principe mondialiste de la « société ouverte » suppose la transformation des peuples et des nations en agrégats humains composés d’individus de toutes provenances et de toutes religions. Pour que le « vivre ensemble » de cette termitière fonctionne, il est nécessaire  que la société d’insectes sociaux ainsi constituée se dissocie de l’identité culturelle du peuple souche (identité sociétale qui constitue un obstacle à « l’intégration »), mais aussi que le religieux se dissocie du sacré.

Le sacré est en effet un liant aussi puissant que l’identité, dont il est d’ailleurs un aspect central. Le mot « religion » vient étymologiquement du latin religare qui veut dire « relier ». Le sacré engendre le religieux et le religieux engendre les peuples, le peuple juif l’a bien compris. Supprimer la relation au sacré, c’est détruire l’essence de la religion, et ainsi désagréger ce qui cimente les peuples. La constitution d’agrégats vaguement humains constitués d’individus amoindris, aux identités et aux croyances réduites au plus petit dénominateur commun, dépend donc de la rupture du lien qui relie le peuple au sacré, à travers notamment son Eglise.

Avant d’aborder la Constitution Apostolique Pontificalis Romani du Pape Paul VI, qui promulgue les nouveaux rites d’ordinations des diacres, prêtres et évêques (18 juin 1968),  il me faut par honnêteté intellectuelle rappeler au lecteur peu coutumier de ce blog « d’où je parle ». Si je suis sociologiquement chrétien et catholique je ne suis ni un pratiquant, ni un traditionnaliste. Mon christianisme est le christianisme paganisé de mes ancêtres : un Christ-Apollon, un Dieu tricéphale, un Panthéon de vierges et de saints, des églises solidement enracinées dans leur Terre et des cathédrales de lumière. Je n’aborde donc pas Pontificalis Romani du point de vue du dogme ou de la tradition catholique mais du point de vue de ses conséquences sur l’avenir de mon peuple.

Pontificalis Romani bouleverse les rites qui ordonnent les prêtres et les évêques et  représente pour les peuples européens une rupture historique.  Pour le comprendre, il faut avoir à l’esprit la fonction primordiale de la forme traditionnelle de l’ordination des prêtres. Il s’agissait essentiellement de rendre le prêtre « conforme » au « Christ Prêtre » (Pie XII Mediator Dei, 1947). L’Ordination conférait au prêtre le pouvoir de changer le pain et le vin en corps et sang du Christ, le pouvoir de bénir, de consacrer et de sanctifier, le pouvoir de remettre les péchés, le pouvoir d’offrir à Dieu le saint Sacrifice et de célébrer des saintes Messes… L’Ordination faisait du Prêtre un homme d’une autre nature, ontologiquement différent, une sorte d’intermédiaire entre le profane et le sacré, entre le monde terrestre et le monde céleste.

Le nouveau rite d’ordination promulgué par Vatican II supprime toutes les prières, les paroles, les bénédictions, les admonitions… qui conféraient au prêtre un « pouvoir », qui le différenciait d’un laïque « non seulement en degré mais en essence » (Michael Davies). Toute la liturgie qui avait pour objectif de changer la nature de l’homme appelé à devenir prêtre, de manière à ce qu’il soit « conforme » au Christ Prêtre, est abolie. Au contraire de l’ancien rite, le nouveau ne change donc pas le statut ontologique de l’ordinand. Les prêtres et les évêques restent ici des hommes ordinaires, participant de la même essence que les fidèles, sans lien personnel avec le sacré : des gens dont le métier est simplement le service du culte. Des sortes de Pasteurs protestants donc. Confirmation de son retour à l’humanité banale, le prêtre abandonne alors la soutane qui le distinguait des laïques et marquait sa relation particulière avec Dieu. Il réintègre le monde des hommes et se détourne ostensiblement du sacré : désormais le prêtre officiera face à ses fidèles, le dos tourné à la Croix, signifiant ainsi qu’il n’assure plus le passage, qu’il ne relie plus, qu’il n’est pas différent de ses ouailles et qu’il a préféré leur compagnie à celle de Dieu.

Sur la base de ces constations (et de quelques autres) les catholiques traditionnalistes dénoncent le caractère invalide de l’ordination des prêtres et évêques depuis 1968. Le nouveau rite ferait de faux prêtres, de faux évêques et de faux papes (rappelons que le pape François a été ordonné prêtre en décembre 1969, selon le nouveau rite donc, puis évêque en 1992). La controverse est intéressante mais n’est pas dans notre propos. Ce qui compte de notre point de vue est cette rupture ostensible avec le sacré et le divin : l’Eglise se met en situation de ne plus être un intermédiaire entre les hommes et Dieu. Il s’agit rien moins que d’un suicide programmé, comme le confirme par ailleurs ce relativisme à la limite de l’hérésie qui permet à Jean-Paul II d’embrasser le Coran (un livre qui remet en cause la divinité de Jésus, donc les fondements théologique de l’Eglise !), ou à François de souligner l’antériorité du judaïsme, ce qui assure la prééminence d’Israël mais est historiquement faux.

La défaillance de l’Eglise depuis les années 1960 a donc rompu le lien entre le peuple autochtone européen et le sacré. L’Eglise ne parle plus à Dieu et cela se voit, cela se sent. L’Eglise n’est plus cette source qui inondait nos peuples de sacré. Ce ne sont pas les fidèles qui ont fait défection, c’est l’Eglise qui a fait sécession. Sécession du sacré. Les fontaines du sacré se sont taries et les Européens ont perdu leur religion et avec elle le ciment qui les unissaient.

La rupture du lien unissant l’Eglise au sacré s’est faite dans le même temps et selon le même rythme que la rupture du lien unissant l’Etat à la culture du peuple souche. C’est véritablement la guerre mondiale (1914-1945) qui inaugure, à partir des années 1960 surtout, une nouvelle période dramatique pour les peuples. Ceux-ci se voient désormais imposés, sur fond de désagrégation planifiée, une croyance de pacotille en une vague déité œcuménique et une identité qui prend la forme dérisoire d’un humanisme larmoyant.  

L’islam lui-même semble subir les assauts d’un Système qui paraît vouloir araser toutes les religions. La distinction absurde qui est faite entre un mauvais islam (islamiste, intégriste, intégral : intègre ?) et un bon islam (métissé d’Occident) est assez significatif de cette volonté de « normaliser » cette religion en lui faisant abandonner les préceptes structurants qui la distinguent trop et posent (imposent) sa prééminence devant Dieu. Des trois religions monothéistes, seul le judaïsme semble pour le moment épargné par cette volonté de réduire les religions à quelques principes simples et gentils, et les églises à des sortes de clubs œcuméniques tournés vers l’Homme. Le mondialisme exècre le sacré car le sacré fait des peuples. Et l’Eglise délaissant la cause des peuples, signifie simplement avec Pontificalis Romani, qu’elle se soumet aux oligarques, les princes de ce monde en putréfaction.

 

Antonin Campana

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Christian Apollonia 02/11/2016 01:31

Vous êtes dans la droite ligne de Maurras...
l'Eglise oui tant qu'elle sert l’intêret national.
qu'elle modifie un chouia ses dogmes, que Vous dîtes ne pas croire de toute façon,
et Vous lui retirez soutien et adhésion.
ça me rappelle la situation de l'Eglise catholique "officielle" en république populaire
de Chine, où elle est tolérée par l'état
à condition de rester "mao compatible"
sinon zhou, l'Eglise des catacombes...

ça me semble réducteur, de la part d'un blog que j'apprécie et fait connaître autour de moi,
de réduire l'Eglise à des visées politiques.
car oui, réduire l'Eglise, supposée être là jusqu'au jugement, à être le moteur d'une nation
fut elle millénaire, c'est encore la réduire.

en fait même réduire le message de Christ à une visée terrestre est réducteur.

effectivement les nations (pas qu'européennes) doivent à l'Eglise leurs hôpitaux,
universités, écoles et tout et tout, mais ce ne sont que
des effets secondaires du passage du Christ sur terre.

pour Vous excusez, c'est devenu rare d'entendre ce discours "post maurrassien", en France.

de nos jours, les valeurs (à l'origine) chrétiennes sont instrumentalisées, mais par la gauche.

Trejo-Richard 09/08/2016 08:21

Non le catholicisme est loin de représenter le christianisme. Loin s'en faut. L'Eglise d'Orient est sans conteste plus légitime, et elle n' a pas d'ordinations invalides, pour celui qui étudie l'histoire. La tradition orthodoxe est intacte.

Antonin Campana 09/08/2016 12:58

oui vous avez raison

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