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Terre Autochtone

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Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


Etat d’urgence ou urgence d’Etat ?

Publié par Antonin Campana sur 4 Décembre 2015, 17:18pm

Etat d’urgence ou urgence d’Etat ?

[Les lois liberticides sont dirigées contre la population. L’objectif est de la faire revenir dans le « creuset républicain» avant que son fractionnement identitaire ne disloque la société mondialisée sous domination oligarchique]

 Le terrorisme n’a jamais représenté un danger réel pour les Etats, à condition que celui-ci ne soit pas le signe annonciateur de la sécession d’une partie de la population. Un terrorisme qui ne s’enracinerait pas dans un terreau social et communautaire serait en effet voué à l’échec. C’est pourquoi l’Etat n’a jamais considéré le terrorisme d’extrême gauche comme un danger potentiel. C’est pourquoi aussi le terrorisme du FLN algérien, soutenu par une partie importante de la population musulmane,  a réussi sa prise de pouvoir. C’est pourquoi encore le GIA aurait pu abattre l’Etat FLN dans les années 90.

Le terrorisme islamique trouve-t-il des soutiens dans la population musulmane ? Sans doute que oui puisqu’il y recrute toujours de nouveaux volontaires. Cette population constitue-t-elle pour autant un terreau suffisamment riche pour fournir des combattants qui par leur nombre pourraient faire plier l’Etat républicain ? Sans doute que non, pour le moment. Cependant, et l’attitude réservée des communautés musulmanes après les attentats le montre, si les musulmans ne soutiennent pas le terrorisme, nombre d’entre eux contestent des « valeurs républicaines » qu’ils jugent (avec raison) contraires à leur foi. Autrement dit, les musulmans se dissocient de la République sans forcément soutenir l’Etat islamique. Le même mouvement s’observe aussi chez les Autochtones dont la fraction consciente commence à comprendre les limites et responsabilités des « valeurs républicaines » dans la situation que nous vivons (le grand remplacement) et qui, soit par un vote « antirépublicain » aux élections, soit par leurs engagements concrets dans le processus de libération du peuple autochtone, contestent de fait la République.

C’est pourquoi, il convient de situer les mesures adoptées par le régime non dans une perspective de lutte contre le terrorisme mais dans celle d’une défense de la République, c’est-à-dire en fait d’une défense d’un modèle de société mondialisée, peuplée de clones domestiqués et esseulés, gouvernée en sous-main par une oligarchie transnationale.  Le pivot du système de défense de cette société « ouverte » est l’interdiction de contester la forme républicaine de gouvernement (euphémisme désignant ce modèle de société). La chose est absolument totalitaire, très soviétique dans la méthode, mais passe complètement inaperçue :

  • La Constitution républicaine énonce (article 89) que " la forme républicaine de gouvernement ne peut faire l'objet d'une proposition de révision"

     

  • Le code pénal renforce cette disposition digne d’un régime bolchévique et considère en son article 410-1 (Titre Ier) que porter atteinte à « la forme républicaine [des] institutions » constitue une « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».

 

  • L’article 706-5 modifié par la loi 2013-711 du 05 août 2013 met dans le même sac la contestation politique du régime et les crimes contre l’humanité, les actes de barbarie et les infractions de natures sexuelles…

 

  • Suite aux attentats de janvier, la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement (art. L. 811-3) prévoit que les services de renseignements peuvent utiliser des méthodes dignes de la STASI pour prévenir les « atteintes à la forme républicaine des institutions ».

     

Les lois liberticides ont donc surtout pour objet de juguler la contestation du régime et la dissidence, en atteste d’ailleurs l’aveu de Cazeneuve pour qui la loi sur le renseignement ciblait prioritairement le « mouvement identitaire » qui, disait-il, portait « atteinte aux principes fondamentaux de la République ».

 

 

La loi sur le renseignement est donc significative de la volonté républicaine de défendre la forme républicaine des institutions, c’est-à-dire  le mondialisme d’un régime œuvrant à la construction d’une société planétaire placée sous une gouvernance mondiale. Cette loi renforce les dispositions de la Constitution et du Code Pénal afin de contrecarrer le fractionnement identitaire du melting pot républicain. Le terrorisme n’est que le prétexte invoqué pour entraîner l’adhésion des masses aux lois liberticides, il n’est pas la raison principale de ces lois. Celles-ci sont motivées par la nécessité de renforcer un « creuset » de 66 millions de « Français » travaillés par des forces invisibles mais réelles qui les poussent à se séparer de ceux d’entre eux qui ne leur ressemblent pas. La preuve irréfutable de ce qui est ici avancé est que la loi sur le renseignement ne prévoit pas de surveiller seulement les dix ou quinze mille terroristes potentiels fichés mais l’ensemble de la population vivant en France.

 A partir d’algorithmes directement programmés chez les opérateurs (Orange, Free…), installés dans les moteurs de recherche (Google…) et les réseaux sociaux (Facebook…),  captant et étudiant vos appels téléphoniques, vos dépenses (d’où l’intérêt de substituer l’argent électronique à l’argent liquide !), voire vos déplacements (vous avez un portable, non ?),  le Pouvoir se donne les moyens d’analyser les mots que vous utilisez, ceux que vous saisissez sur votre ordinateur, les livres que vous achetez, les sites internet que vous visitez,  les gens que vous fréquentez. Il espère pouvoir ainsi repérer les centres d’intérêts atypiques, les idées déviantes et les profils suspects. Cela sera-t-il efficace contre le terrorisme ? Bien sûr que non, la NSA, pourtant experte en ce domaine, en a fait l’aveu en 2013 et les spécialistes en informatique vous le diront.  Alors, quelle est l’utilité de cette surveillance de masse ?

Son utilité est de donner à l’ensemble de la population le sentiment d’être surveillé en permanence. Ainsi, irez-vous aussi facilement sur les sites de la dissidence ? Bien sûr que non. Surveillerez-vous votre langage sur Skype ou au téléphone ? Bien sûr que oui. L’Etat islamique a fait paraître sa nouvelle brochure de propagande, oserez-vous la chercher sur archive.org pour vous documenter à son sujet ? Pas si sûr ! Aurez-vous le courage de fréquenter des gens que vous savez réfractaires ou même de correspondre avec eux par mail ?

Avoir le sentiment que Big Brother vous regarde peut-être, vous analyse sûrement, vous décrypte au plus profond de vous-même et met en équation votre vie privée, vos goûts, vos penchants, vos idées, place chaque individu dans une relation directe et solitaire avec un Etat omniprésent et transcendant. A chaque saisie dans Google, une petite voix intérieure se fera entendre : « ce mot est-il politiquement correct, n’est-ce pas le mot de trop qui va activer l’algorithme et faire de moi un suspect ? ».

Pourquoi la dictature républicaine aurait-elle besoin de placer un flic derrière chaque citoyen ? Nous serons nos propres flics, nous nous autocontrôlerons. Et si nous nous passons d’Internet, de portable, de GPS et d’argent électronique, cela fera d’office de nous des suspects. Pas moyen de lui échapper.

Pour la première fois dans l’Histoire, l’être humain est seul face au Pouvoir. Plus de clan, plus de tribu, plus de famille, plus de syndicat, plus de nation, plus de groupe pour le protéger ou porter sa voix. L’individu est seul face au Pouvoir intrusif et analysant, seul à répondre de sa vie privée devant lui, seul à mesurer ses choix et ses pensées à l’aune de sa bienveillance. Entre le paysan et le seigneur, il y avait la communauté villageoise ou l’Eglise. Entre l’ouvrier et son patron, il y avait le syndicat. Entre le citoyen et l’Etat, il y avait la nation. Entre l’individu derrière son clavier et l’Etat transcendant, il n’y a rien. Les « corps intermédiaires », c’est un fantasme républicain vieux de deux siècles, sont enfin abolis : l’individu est nu sous le regard de l’Etat, esseulé, séparé de ses semblables et fragile. Comment ne se soumettrait-il pas ?

La surveillance globale de la société sera donc inefficace sur le terrorisme mais très efficace sur  la population. Le sentiment d’être surveillé en permanence obligera à refouler les pensées incorrectes et les idées d’appartenance à seule fin de ne pas les exprimer. Ce formatage psychologique  donnera à chaque individu l’expérience de sa solitude face au Système. La société qui aujourd’hui se décompose selon les appartenances identitaires se recomposera par simple agrégation d’individus narcissiques et domestiqués.   

Ainsi on le voit, les mesures liberticides qui sont adoptées sont dirigées prioritairement contre la population, pour la faire revenir au « creuset » avant qu’il ne soit trop tard. L’état d’urgence est une urgence d’Etat (républicain). Tout cela n’empêchera pas d’autres attentats, qui justifieront en retour d’autres lois liberticides. Nous sommes entrés dans un cycle qui se terminera lorsque la société mondialisée et le pouvoir oligarchique ne seront plus contestés.   

Antonin Campana

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