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Terre Autochtone

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Le blog des aborigènes d'Europe, par Antonin Campana


Génocide arménien. François Hollande aux Turcs : «faites ce que je dis, pas ce que je fais»

Publié par Antonin Campana sur 31 Janvier 2015, 15:00pm

Catégories : #Perspectives Autochtones, #Le coin des clowns

Un charnier au Mans

Un charnier au Mans

     François Hollande vient d’appeler la Turquie à faire un « effort de vérité » sur le génocide arménien : « il est temps de briser les tabous » a clamé le Président de la République « française ».

     Comment ne pas être indigné par une telle hypocrisie ? Car s’il est un homme qui ne peut, en matière de génocide, donner une leçon aux Turcs, c’est bien celui qui préside la République. Comment peut-on faire preuve d’une telle duplicité ? Comment peut-on appeler les Turcs à briser leurs « tabous »,  tout en ignorant  cyniquement les siens. Cela révèle l’homme. Faut-il lui rappeler quelques faits d’histoire ? Alors voilà :

     En 1789 les trois pays les plus peuplés du monde sont la Chine, l’Inde… et la France !

     Avec ses 28 millions d’habitants la France est le pays le plus peuplé d’Europe. Dès 1795 la Russie nous ravit cette première place. Nous serons dépassés par l’Allemagne en 1866 puis par la Grande-Bretagne en 1911… De tous les peuples d’Europe nous sommes le seul dont la démographie s’infléchit au XIXe siècle. Pourquoi ?

     Historiens et démographes nous expliquent que tout change « en profondeur », pour notre pays, dès les années 1790. On observe un « tournant démographique ». Le taux de natalité passe de 38.8 pour mille avant 1789 à 32.9 pour mille en 1800. On se marie moins et la fréquence des naissances illégitimes doublent en 20 ans. Pourquoi ?

     Parce qu’il s’est passé une grande saignée. La République a inventé la guerre de masse et notre jeunesse repose dans des fosses communes de l’Egypte à la Russie. Mais ce n’est pas tout : la République a aussi inventé le massacre de masse : le « système de dépopulation » disait Graccus Babeuf en 1794, le génocide dirions-nous plutôt aujourd’hui.

     La République élimine tout ce qui s’oppose à elle : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière » avait dit Carrier. Alors on tue à la baïonnette, au couteau, à la massue, au fusil… Alors on égorge, on noie, on guillotine… On assassine des hommes, des femmes, des enfants, des bébés, des prêtres, des nobles, des paysans, des artisans… (80% des victimes appartiennent au Tiers Etat). L’historien Pierre Chaunu pourra écrire que « la révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe ».

     En Vendée, la République planifie un génocide systématique. Le génocide possède ses théoriciens (Danton, Robespierre, St Just, Carnot, Barère…), ses maîtres d’œuvre (Carrier, Westermann, Turreau…), son « plan » (les « colonnes infernales »). Des décrets vont être votés qui visent ouvertement à « exterminer cette race rebelle » (Barère). Le décret du 01 août 1793 prévoit la déportation des femmes, des enfants et des vieillards. Le décret du 01 octobre 1793, plus radical, prévoit l’extermination de tous les habitants de la Vendée sans distinction d’âge ou de sexe.

     Alors les colonnes républicaines tuent tout « sans distinction » (Caffin, commandant adjoint de la 3e colonne), même « les filles, les femmes et les enfants » (Cordelier, commandant de la 5e colonne).    On allume les fours dans les villages et on y jette vivant les femmes et les enfants, même ceux des « patriotes ». Rien qu’au Petit Luc les soldats de la République tuent 110 enfants de moins de sept ans. Le général Grignon, commandant la 2e colonne se vante de tuer chaque jour « 2000 vieillards, hommes femmes et enfants ». On va même chercher les malades dans les hôpitaux ! Le général Westermann, le « boucher de la Vendée », écrira à la Convention (décembre 1793) : « Il n’y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre (sic) avec ses femmes et ses enfants (…) Suivant les ordres que vous m’avez donné, j’ai écrasé les enfants sous le pied des chevaux, massacré les femmes, qui au-moins pour celle-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé ». Hoche écrira en 1796 que plus de 600 000 Français ont péri en Vendée.

     Si nous cumulons massacre des « indésirables », génocide vendéen, boucherie des guerres de la Révolution et de l’Empire (indissociables), la République a causé 2 millions de morts (Sédillot), soit davantage que les deux guerres mondiales réunies. 2 millions sur 28 millions ! Deux millions de personnes plutôt jeunes, surtout des hommes ! On comprend mieux la baisse du taux de natalité qui va suivre, les naissances illégitimes (plus moyen de se marier), et le tassement démographique du XIXe siècle

     Ces 2 millions de morts sont à mettre au passif de la République. Soyons généreux, excluons les guerres « démocratiques » du bilan : il reste un génocide de 600 à 700 000 Français au bas mot (sur 28 millions !). Il reste une masse documentaire qui établit formellement que ce génocide et ces massacres ont été voulus par la République et orchestrés méthodiquement par elle : décrets de la convention, ordres écrits d’extermination, rapports d’officiers et de chargés de mission, témoignages divers…  La négation de ce génocide, pour reprendre les propos de Hollande sur le génocide arménien, est « insupportable car elle est une insulte ».

     Alors quand un de ces hommes chargés de présider un régime coupable de tant de crimes, demande cyniquement à d’autres un « effort de vérité », on a envie de lui demander s’il n’a pas honte de lui-même et du négationnisme républicain qu’il cautionne. Les autorités turques se sont associées l’année dernière à la « commémoration et aux souffrances vécues par le peuple arménien ». Monsieur Hollande considère généreusement que c’est un « premier mouvement » qui « ne peut s’arrêter là ». Nous lui suggérons d’en prendre de la graine et d’avoir le courage d’en faire autant. Que sous sa présidence les autorités républicaines commémorent à leur tour les souffrances vécues par le peuple autochtone de France. Faute de repentir, on s’en contentera.

 

Antonin Campana

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Maugendre Jean-Pierre 01/02/2015 18:36

Il me semble que cette analyse doit être complétée par le fait que la mise en œuvre du code civil avec obligation de répartir équitablement l'héritage entre les héritiers sonne le glas de la possibilité de transmettre indivis des propriétés agricoles. La population paysanne, 90% de la population, va mettre en œuvre une efficace politique de limitation des naissances afin de ne pas avoir à partager ses terres.

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